Humeur de novembre

                     « Ce que nous devons savoir sur le frelon et que l’on nous dit pas »


C’est au courant de l’année 2006 que les frelons Vespa Velutina sont arrivés sur notre territoire et plus précisément dans le Lot et Garonne prêt de Bias et Sainte Livrade cachés dans un arrivage de containers de poterie d’importation de Chine.

Mais le plus grave est que le propriétaire à la suite de sa découverte, a de suite sonné la sonnette d’alarme  auprès des services d’état normalement compétents.

Le drame, c’est que ces services ont sous-estimé leurs devoirs et leurs rôles. Aucune équipe n’a été diligentée sur place afin d’en mesurer la gravité et les risques.

Mais pire encore, cela met de sacrés doutes sur l’efficacité des décontaminations des containeurs arrivant des quatre bout du monde.
Si les rayons Gama étaient appliqués d’une manière efficace, nous n’aurions jamais du voir ce phénomène apparaître. Combien d’autres sortes d’insectes, de produits (…) importés par mégarde faute de contrôle et de rigueur.
Moi-même, j’ai du mal à me rendre compte de la bêtise humaine.

Pour ceux qui sont intéressés, vous aurez  un petit topo sur les containeurs du Havre en cliquant sur la rubrique  liens  (au fait, bon courage pour ceux qui y travaillent) :

Cela fût le premier facteur aggravant pour notre environnement sachant que l’insecte n’est pas du tout de notre continent donc hors de son contexte de biodiversité.
Plus tard, trois nids sont repérés par le propriétaire en périphérie de sa maison.

Le propriétaire a de suite compris que cela devenait sérieux, mais sa responsabilité  ne pouvait plus être mise en cause malgré l’évidence, étant donné que les services d’état étaient bien informés mais n’avais rien entrepris.

En 2007, les services de la DDSV (direction départementale des services vétérinaires) sont avertis de la situation par mes soins, puisqu’à cette époque j’étais Président du GDSA  47 (Groupement de défense sanitaire apicole du Lot et Garonne).

La question du coût des destructions des nids est posée par la DDSV. Qui va payer ?

Le GDSA met en avant les conséquences dramatiques de la multiplication des nids de frelons.

Le problème prend alors une autre dimension : ce qui inquiète l’Etat, via les services vétérinaires, c’est l’aspect financier rien de plus et surtout pas le problème des apiculteurs.
Quoi faire à ce stade étant donné que les services dits compétents, ont décrochés.
Des réunions sont enclenchées au niveau de la préfecture du Lot et Garonne : convocation des apiculteurs et des maires du Lot et Garonne, listing des nids actifs...

Chaque maire possède des pages entières de nids recensés. La question est posée : que faisons-nous ?
J’ai pris la parole avec Monsieur Jean Haxaire (Entomologiste)  pour dire à Monsieur le Secrétaire Général de la Préfecture qu’il serait bien de mettre en place un projet de stérilisation par phéromone pour diminuer la propagation du frelon.
L’idée nous paraissait la plus adaptée contrairement aux empoisonnements des colonies qui risquent de créer un phénomène irréversible pour l’écosystème.
L’ensemble de notre environnement pouvait être touché si on enclenchait le processus d’empoisonnement : les insectes bien sûr mais aussi la végétation,  les animaux et indirectement l’homme.

Suite à ces événements, les pertes dans le monde de l’apiculture ne tardent pas à se faire ressentir. Cela varie en fonction des secteurs de 15 à 35% de perte des colonies, des cheptels.

Les apiculteurs commencent à fuir les campagnes… De campagnes en villes, de villes en villes ne sachant plus comment réagir. Nous ne sommes toujours pas entendus à ce jour.    

Mais pourquoi en sommes-nous arrivés à ce stade ?
La réponse est très simple : parce que nous ne savons pas à l’heure ou je vous parle, quel ministère de l’Etat français gère ce problème national qu’est le frelon Vespa Velutina.

Aujourd’hui plus de 37 départements français sont touchés. L’Espagne risque bientôt d’être touché, l’Italie est déjà touché,  l’Allemagne, l’Angleterre, la Belgique se préparent à l’arrivée massive du frelon.
Parallèlement et paradoxalement,  des fonds pour la recherche ont été débloqués pour le muséum national de Paris et l’INRA.
Il est indéniable que les services de l’Etat  sont responsables et coupables de la situation actuelle parce qu’ils ont,  une fois de plus, sous-estimé l’ampleur du problème.  

Nous assistons depuis deux ans à une multiplication d’accident par piqure de frelon :
- en   2008 un pompier d’Agen (47) a perdu la vue pendant quelques heures à cause du venin que le frelon a pulvérisé sur son visage.
- en 2009 à Saint Vite (47),  une dame d'environ 70 ans sauvée in extremis par les secours ;
- en septembre 2010,  au sein de l’école élémentaire primaire de Foulayronnes (47), un enfant a été piqué par un frelon . Le nid était installé en dessus d’une classe de l’école ;
- en octobre dernier, un homme a été piqué à Castelculier (47), 35 piqures du frelon asiatique, hospitalisé d’urgence dans le coma ;
- en avril dernier, sur la région de Toulouse, une personne piquée par un frelon dans le coma ;

Sans vouloir être alarmiste, nous sommes face à une réalité dont personne ne veut entendre parler au sein des collectivités locales.
Il faut arrêter de noyer le poisson et regarder simplement le nombre croissant des interventions d’urgences.

Faudra-t-il  en arriver à compter des morts pour qu’on se décide à édifier une stratégie de lutte ?

* Par contre il est important de préciser à chacun que la piqure du Vespa Velutina n’est pas plus dangereuse que de celui du frelon commun d’Europe le Vespa Crabot sauf que les nids sont plus gros et donc les populations plus nombreuses.
Le frelon par contre est impitoyable vis-à-vis des oisillons, des papillons, des abeilles, des frelons communs, des guêpes ...
Sans compter les dégâts qu’il occasionne sur les fruits, raisins, pommes, poire, pêches, figues,  la grogne des arboriculteurs commence d'ailleurs à se faire entendre.
       
L’apiculture n’a jusqu'à ce jour aucune valeur marchande ; par conséquent, la parole des apiculteurs n’est pas entendue, il n’y a aucune reconnaissance du travail de la filière apicole.

J’espère que mes paroles permettront à chaque lecteur de mesurer la gravité de ce problème, des mensonges d’Etat, des graves dérives qui restent cautionnées malgré les mises en garde des professionnels du secteur agricole de tous bords et horizons.

Lorsque des personnes viennent à la rencontre des apiculteurs, de nombreuses questions sont posées : la place de l’abeille dans notre environnement, son rôle. Ces personnes nous parlent également de leur inquiétude quant à la survie de l’abeille. On ne peut que remercier ces personnes qui sont sensibles à la question de la survie de l'abeille, qui se posent les vraies questions sur l'impact sur notre environnement.
Vous connaissez très certainement ces paroles : faites ce que je vous dis, mais ne faites pas ce que je fais !!!
Nous sommes arrivés à un dialogue de sourd, une sorte de monologue.
Ce ne sont pas les apiculteurs qui ferment le dialogue. Quand on voit les municipalités qui bottent en touche sur cette question, les départements et les régions qui mettent le parapluie pour éviter les éclaboussures…
Aujourd'hui, a Préfecture du Lot-et-Garonne semble prendre la question au sérieux. Mais cela ne semble ps suivre au niveau des services départementaux...

Le SDIS de Foulayronnes, plateforme d’administrative des secours du Lot et Garonne, depuis l’an dernier a décidé de ne plus intervenir sauf cas d’urgence dans les lieus publics et les écoles.

En conseil d’administration, la cellule du SDIS service départementale incendie et de secours du Lot et Garonne, a statué qu’il n’était plus question de mettre en place des véhicules pour la lutte contre les frelons car en cas d’intervention d’urgence cela pourrait avoir de grave conséquence selon leur dire.
Cela veut dire en d’autres termes : « cela n’est pas notre problème messieurs les apiculteurs ! ».

Mais il n’est pas concevable ni recevable d’un autre côté que les apiculteurs et les contribuables en fassent les frais, pour des politiques  qui en temps utile n’ont su prendre ni les mesures nécessaires, ni leur responsabilité.




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